Histoire de la municipalité

Situation géographique

La paroisse de Saint-Gabriel-Lalemant faisait jadis partie de la Seigneurie de la Bouteillerie de Rivière-Ouelle. Le contrat initial de concession d’un fief seigneurial de 2 lieues (9,6 km) de longueur et de 1 1/2 lieue de profondeur, sur la rive sud du Saint-Laurent "situé de part et d’autre de la Rivière Houel", à Jean-Baptiste François Deschamps, seigneur de la Bouteillerie, date du 29 octobre 1672.

En 1750, à la demande de la seigneuresse, la seigneurie est agrandie de 2 lieues de plus en profondeur " à ajouter à la lieue et demie déjà concédée en 1672. Les premiers arrivants, 1801 Un bon matin de novembre 1801, un jeune couple obtient du seigneur, "une terre en bois debout sise et située sur le 5e rang de la Seigneurie de la Bouteillerie, au sud-est du Brise Culotte, au lieu nommé les bois brûlés".

Le document notarié de cette concession nous révèle que les deux premiers arrivants sont arrivés en pleine forêt. Ils ont obtenu chacun une terre en bois debout, bornée à l’est, à l’ouest et au sud aux terres non concédées. Ce sont donc les premières terres de notre territoire sorties de la seigneurie et accordées à des citoyens.

Le second contingent, 1813

En 1801, Saint-Gabriel comptait huit propriétaires. Entre 1804 et 1811, seulement trois terres sont concédées. Il faut attendre 1813 pour voir arriver à Saint-Gabriel-de-Kamouraska le second contingent de défricheurs. Le seigneur de Rivière-Ouelle est alors Pierre Casgrain puisque le seigneur meurt subitement "dans son bain" en 1812.

Aucun des trois frères ne pouvant prendre la relève, la seigneurie est vendue à Pierre Casgrain en 1813. Ce seigneur semble généreux et avide de développer sa seigneurie, si bien qu’en à peine cinq mois, 35 terres nouvelles sont concédées sur notre territoire, totalisant 127 arpents de front. Ces terres ne sont pas concédées les unes à la suite des autres. Il semble que les gens choisissaient le terrain qui leur convenait. À partir de 1813, on ne parle plus des "bois brûlés" dans les actes notariés, mais plutôt du rang 5 ou du rang du petit lac, lac qui n’est pas encore baptisé.

Donc, dès 1813, tout le territoire connu aujourd’hui sous le nom Avenue des Érables était concédé et commençait à être mis en valeur. De décembre 1813 à avril 1814, tout le rang 5 de la seigneurie de la Bouteillerie de Rivière-Ouelle est concédé, sauf peut-être quelques arpents. Les terres étaient très recherchées, ce qui fait penser que plusieurs ont préféré traverser la montagne et venir s’établir sur un territoire plus plane que St-Pacôme.

L’ouverture du 6e rang

Les terres du 5e rang étant toutes concédées, c’est vers une autre concession, le rang 6, que se sont dirigés les citoyens désireux de s’établir ou d’agrandir leur propriété. En mars 1816, un côlon obtient du seigneur Casgrain une terre au 6e rang. En seulement quatre jours, sept propriétaires se partageront 38 arpents de terre de front, soit la totalité du rang D’Anjou actuel. Quant au rang Chénard, il a été concédé, en bonne partie, en moins d’un mois, en plus petites tranches entre douze propriétaires.

Lors du recensement de 1825, on retrouve presque tous les mêmes noms comme propriétaires de ces terres. Aujourd’hui, toutefois, peu ou pas de leurs descendants y demeurent.

Des gens déjà bien enracinés, 1825

Entre 1815 et 1825, l’échange et la vente des terres se font déjà, mais plutôt entre gens du milieu, de sorte que les citoyens du rang du petit lac et du rang 6 sont bien enracinés dans leur territoire, qu’il considèrent bien à eux. En 1825, lors du recensement demandé par le gouvernement de la Province du Bas-Canada, nous comptons 52 propriétaires au rang 5 et 25 au rang 6, sur les 405 que contient toute la seigneurie qui comprend, à ce moment-là, Rivière-Ouelle, Saint-Denis, Saint-Philippe et Mont-Carmel.

De là, on peut conclure que Saint-Gabriel s’est développé aussi vite, sinon plus vite, que les autres parties de la seigneurie. D’ailleurs, quelqu’un écrira, lors du centenaire de Saint-Pacôme : "En 1939, lors du dénombrement de la paroisse, le plus grand nombre des cultivateurs s’est trouvé inclus dans la nouvelle paroisse de Saint-Gabriel-Lallemant, de sorte qu’il ne reste plus qu’une trentaine de cultivateurs dans les limites de la paroisse de Saint-Pacôme et qui vivent uniquement de la terre et dont on peut dire que ce sont des familles de "terriens".

Notre territoire se développait donc régulièrement et portait à l’époque le nom de "Village Saint-Pierre". Dans tous les actes notariés, on ne parlera plus du rang 5 ni du rang du petit lac. En 1850, on reparle du rang 5.

Alors pourquoi "Village Saint-Pierre"? Aucun document ne l’explique et aucun citoyen ne se souvient avoir entendu parler de ce nom par leurs ancêtres. Peut-être les premiers colons ont-ils songé à donner un nom à leur petit village qui prenait forme et le nommer Saint-Pierre pour honorer un concitoyen. Ensuite, ce nom se serait étendu à tout le rang 5 et aussi au petit lac, qui demeure officiellement le Lac Saint-Pierre.

Une paroisse indépendante, 1939

Les francs-tenanciers des rangs 5 et 6 de St-Gabriel voulurent former à leur tour leur propre paroisse. Le 15 août 1938, une pétition est signée par 115 citoyens de ces rangs pour solliciter la faveur de constituer ce territoire en une paroisse indépendante de St-Pacôme.

Le 8 décembre 1938, l’acte d’érection fut octroyé à la dite paroisse. Le 17 janvier 1939, M. l’Abbé François St-Pierre fut nommé desservant ou vicaire économe de la paroisse de St-Gabriel-Lallemant. La construction de l’église et du presbytère se poursuivit tout au long de l’année 1939 et le 3 décembre de cette même année, l’église fut bénite. Monsieur l’Abbé Paul-Émile Paquet assuma la charge de curé fondateur.

Conclusion

Pendant douze ans (si l’on fait exception des deux premiers arrivants en 1804 et 1811), ce groupe de citoyens parents (frères, beaux-frères, neveux ou cousins) se sont donné le mot pour défricher leur domaine et faire preuve d’unité. Ils ont probablement créé une mentalité d’entraide qui a marqué notre milieu. Les citoyens de Saint-Gabriel-Lalemant, en effet, sont encore presque tous parents et savent s’unir et s’épauler, malgré les divergences inévitables et utiles dans les grands moments de leur histoire.

Tiré de :
Saint-Gabriel de Kamouraska
Sa naissance, ses débuts
1801 - 1825
J.M. DeRoy, prêtre, curé
ET
Programme-Souvenir
Saint-Gabriel 1930-1989

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